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Categoria: Histórias em outros idiomas

Autor(a): Roland de Bonadona, Diretor Geral da Accor Hospitality | história publicada em 11/8/2009

Je suis né à Chatou, près de Paris, puis j’ai étudié á Paris, et habité ensuite au gré des mobilités professionnelles en Normandie, sur la Côte d’Azur à Nice, en Provence à Marseille, à Soisy en Ile de France, avant de m’installer en 1990 à São Paulo. C’est donc dans cette ville que j’ai passé le plus grand nombre d’années de ma vie, et où je suis devenu citoyen brésilien en 1997. J’ai connu en vingt ans de nombreux quartiers et accumulé bien des souvenirs. Je suis arrivé avec ma famille le jour de la prise de fonctions du Président Collor, journée plus souvent retenue pour le triste souvenir de la confiscation de tous les avoirs financiers des particuliers et des entreprises brésiliens… Nous nous sommes d’abord installés dans un apparthotel à Itaim Bibi, dans une région de rues commerçantes et animées où il fait bon musarder, faire les vitrines et où règne encore une véritable ambiance de quartier. Quatre mois et quelques phrases de portugais dans ma conversation plus tard, nous avons enfin réussi à récupérer le déménagement bloqué au port de Santos, et nous avons emménagé dans un grand appartement à Vila Nova Conceição, face à la place Perreira Coutinho, tout prés du parque Ibirapuera. Mon bureau était au Morumbi à coté du Novotel, le premier hôtel ouvert par le Groupe Accor en 1977, magnifiquement rénové l’année dernière et qui offre depuis la terrasse du restaurant, une superbe vue du pont suspendu Octavio Frias, nouvelle carte postale de la ville. Les enfants ont grandi, rêvaient d’un jardin avec piscine et m’ont convaincu d’aller vivre dans une maison au Morumbi à l’ombre du palais du gouvernement et des jardins tranquilles de la Fondation Oscar Americano, face à la place Vinicius de Moraes et à deux pas du Clube Paineras dont nous sommes devenus membres. Avec les années et les enfants émancipés, je suis revenu à Itaim, mes premières amours avec São Paulo.

São Paulo peut être dense, agitée, excessive et stressante. São Paulo peut aussi être calme, tendre et provinciale. Mais là où je préfère ma ville c’est quand elle met en jeu côte à côte l’exagération et l’intime, l’agitation et le mystère, le stress et le recueillement, le moderne et la tradition, offrant à ses visiteurs la richesse de tous les paradoxes.

Je me promène un dimanche au Parc Ibirapuera, traverse avec prudence les allées proches de la porte sud, encombrées de cyclistes équipés comme pour une course contre la montre, les sportifs de fin de semaine impeccablement habillés à la dernière mode du shopping Iguatemi. Au fil des allées, toute une vie se déroule : des amoureux enlacés, les jeunes mariés promenant leur bébé, des familles entières avec les raquettes, les ballons et le pique-nique, les maitres et leurs chiens qui à se croiser, s’entre-émerveillent de leurs animaux, et des promeneurs aux cheveux blancs _ mais à la marche encore alerte, soucieux eux aussi de maintenir la forme. Soudain, au détour d’un chemin caché sous les frondaisons, un canard du lac se dandine langoureusement aux pieds d’un vendeur d’agua de coco et de barbe à papa. Je prends un verre un soir sur la terrasse du Skye, le restaurant de cet hôtel aux formes insolites et provocantes avec mon ami Emanuel Bassoleil qui en a fait le point le plus agité de la soirée Paulista, et aux loin l’horizon dessine la ligne des antennes et des immeubles nimbés des lumières mystérieuses de la nuit. Un samedi matin au milieu des gratte ciel du centre ville, je retrouve le marché municipal, ses produits, ses chalands et ses parfums d’antan, avant d’aller déguster en musique les gratons, les délicieuses empanadas et un Choppe (demi) de bière glacée comme on les aime ici, à la terrasse du fameux bar Brahma avenida São João. Un autre jour je m´échappe des embouteillages au croisement des Avenue Faria Lima et Cidade Jardim pour déjeuner au restaurant du Museu da Casa Brasileira, où pour un court moment, je me plonge dans le calme d’un jardin tranquille comme à la campagne avant de retrouver la fièvre de la ville.

 

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